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1974-1986 : L'ÈRE DES GRANDS INVESTISSEMENTS |
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En quête de stabilité, les NMPP sont soumises à de fortes pressions extérieures. Mais leur capacité à réagir, autant que la constitution d'un patrimoine solide, en font peu à peu une véritable entreprise. |
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Pour assurer la pérennité des NMPP, Jean Bardon mise sur le compromis avec les éditeurs et les syndicats, ainsi que sur la constitution d'un patrimoine propre. La pression sociale et les initiatives des groupes de presse pour surmonter la crise économique ne lui facilitent pas la tâche. En 1975, le Livre CGT s'oppose au groupe Amaury (Le Parisien Libéré, L'Equipe) sur les choix de modernisation. Par solidarité, les ouvriers des NMPP refusent de distribuer Le Parisien. Le groupe Amaury organise alors un coûteux service de camionnettes puis fonde, en 1976, sa propre messagerie (Sodipress). En août 1977, en contrepartie du retour du groupe dans le giron des NMPP, celles-ci acceptent d'embaucher 170 ouvriers du Parisien. Le système est sauvé, mais au prix fort. La révolution du fac-similé L'affaire du fac-similé
Les grands éditeurs misent surtout sur une nouvelle technique de transmission, le fac-similé. En 1975, Le Figaro de Robert Hersant le choisit avec l'impression off-set en province. Pour éviter que la distribution du Figaro, au départ des imprimeries locales, ne leur échappe, les NMPP créent en 3 semaines des Annexes Régionales de Messagerie, à Toulouse et Marseille. Le groupe Amaury lance à son tour son propre système, qui émet de nuit sur le réseau de FR3. Les autres quotidiens, peu désireux de supporter seuls le coût de l'avion de presse, acceptent en 1976 le procédé collectif proposé par les NMPP, qui associe le fac-similé (Séréfax/Société d'exploitation du réseau de fac-similé, détenue à 49 % par les NMPP) et l'impression régionale (Faximpresse). La plupart des journaux parisiens rejoignant le système, d'autres Annexes Régionales de Messagerie sont créées dans les grandes villes. En 1977, le groupe Amaury cède son réseau à Séréfax et, en 1980, le réseau Hersant (Le Figaro, France-Soir, Le Journal du Dimanche) fusionne avec Séréfax. Le résultat est positif : la suppression de l'avion de presse (1977), la moindre utilisation des voitures et le coût inférieur des imprimeries de province abaissent les charges des NMPP. Quant aux journaux parisiens, mis en place à la même heure que les régionaux, ils améliorent leurs ventes. L'automatisation des centres de départ Les NMPP investissent aussi dans les centres de départ. Pour baisser le coût de distribution, elles adoptent la décentralisation et le traitement séparé des quotidiens et des magazines. Le papier est réparti en palettes (pour les gros clients), en paquets (pour les autres clients) et en appoints (exemplaires à l'unité). A Paris, le "direct imprimerie" conduit les grands quotidiens directement dans les annexes, en évitant le tri à la Villette. En province, les Centres Régionaux d'Expédition reçoivent les palettes de magazines qu'ils éclatent vers les dépositaires. Le centre automatisé de Rungis En 1982, le rail est intégré à la route. Des wagons complets sont envoyés vers les emprises du Sernam (messageries SNCF). Le papier est aussitôt réexpédié par des camions locaux, qui transportent également les invendus vers les Centres Régionaux d'Invendus. Ces circuits en ellipse à partir des gares - les "tournées marguerites" - évitent aux dépositaires de se rendre sur place. Renforcer l'implantation commerciale Les NMPP acquièrent des dépôts dans les grandes villes. En 1978, elles reprennent les 20 agences Hachette, qui jouent déjà un rôle de dépositaires. Ce rachat aboutit à la création de la Société d'Agences et de Diffusion, la plus importante filiale NMPP. De même, en 1983, les NMPP récupèrent les activités du Groupe International Hachette dans les Dom-Tom et en Afrique francophone. Les éditeurs souhaitent ainsi accroître leurs exportations, non soumises à la loi Bichet, en exploitant au mieux les moyens logistiques et humains des NMPP. C'est donc à la tête d'une maison
qui prend l'allure d'une grande entreprise qu'accède Etienne-Jean
Cassignol, directeur général d'Hachette Industrie, en mars 1986, après le décès
de Jean Bardon et le court intérim de Jean Hamon. |
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